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floyd.

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MessageSujet: floyd. Mar 23 Fév - 12:16:52




      Step by step, heart to heart
      Left right left, we all fall down..

      Step by step, heart to heart
      Left right left, we all fall down
      Like toy soldiers
      Bit by bit, torn apart
      We never win, but the battle wages on
      We're toy soldiers.


Dernière édition par Floyd V. Loukas le Mer 17 Mar - 10:58:03, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: floyd. Mar 23 Fév - 12:17:01

    Le cliquetis des barreaux céda enfin. Une voix saisit le silence, l’incitant à sortir. Un an plus tôt il aurait été aux premières loges, aux aguets face à la porte, prêt à atteindre la liberté. Mais maintenant, maintenant il s’était habitué. Il avait passé le pire, comme on dit, s’étant presque lié d’amitié avec d’autres gars comme lui, ni trop méchants, ni trop gentils ; surtout trop inconscients. C’est pas qu’il appréciait, seulement qu’il s’était fait à la routine. Toujours mieux qu’l’armée, toujours mieux qu’la guerre, toujours mieux… Un frisson.

    « Loukas putain sors de ton trou. Si tu m’provoques j’te r’enferme, et j’aurai du mal à expliquer à ton père que tu veux pas de sa caution. »

    Son corps se raidit, prit d’un espèce de spasme. C’était nerveux, mais intense. Son père était donc là. Il l’avait retracé. Après quatre ans d’absence leurs chemins se mêlaient à nouveau. Floyd ne su qu’en penser. Joie… Angoisse… Ce n’était pas le fait de revoir son géniteur, celui qui avait voulu le sauver, qui le rendait si nerveux. C’était surtout l’idée d’affronter l’histoire, une fois pour toutes. C’était l’idée de raconter l’histoire, de la voir face à lui, et de ne pouvoir la fuir. La liberté l’étouffait, il était nauséeux face à ce vide, face au soleil, à la vie, à la réjouissance. Nauséeux du bonheur. Merde.

    « Loukas bordel !
    - J’ai compris, j’arrive ! J’arrive ! » grogna-t-il.

    Il attrapa ses quelques tshirt, ses jeans et ses sweats, ses bouquins et ses photos. Il attrapa son ipod et quitta la pièce grise pour être aveuglé par la lumière. Trop de lumière. A peine sorti de la cellule qu’il se figeait, fermant les yeux d’un coup, des larmes roulant sur ses joues. Je ne saurais vous dire quel type de larmes c’était. Fatigue, lumière, joie, peur, tension… Mais dieu, il était vivant. Il pleurait. Voilà un an qu’il attendait de pouvoir se libérer. Un an en prison et trois ans à la guerre. Quatre ans qu’il renfermait les maux, sans pouvoir hurler, ni se laisser aller. Combien de fois avait-il essayé de partir dans des spasmes de folie, de s’écrouler dans son lit, de hurler à l’horreur, vider son corps de ce fantôme qui le hantait, vider son corps du noir. Combien de fois… Et c’était là, comme ça, pour une simple lumière trop aveuglante, qu’il réussissait à laisser ses premières larmes ? Le monde était si mal fait. S’il avait été croyant il aurait pu pester Dieu, mais la souffrance de l’athée c’est sa solitude face au destin. Quel destin…

    « Valentin ! »

    Le garçon laissa tomber ses affaires par terre tandis que deux bras le serraient déjà. Cette sensation avait beau être la plus confortable de ces quatre dernières années, il ne pouvait s’empêcher de sentir une différence dans ce contact avec son père. Etait-ce lui qui avait grandi, ou le paternel qui avait perdu en taille… C’avait un côté encombrant, il se sentait courbé, trop grand pour les bras de son père, trop grand pour l’épaule de son père. Il se sentait trop miteux pour son père, aussi. Cet homme toujours très soigné, l’intellectuel qui a réussi dans la vie, avec ses vestes en tweed et ses chaussures à 400 £. Il était beau. Enfant, Floyd aimait lui voler ses chapeaux, malgré qu’ils s’enfoncent sur sa tête tellement ils lui étaient grands. Il s’était toujours dit qu’un jour, lui aussi ferait partie de ces gentlemen’s club privés de Londres auxquels se rendait toujours Mr Loukas. Il se voyait fréquentant Cambridge, ou logeant à la résidence la plus chic de la London University. Il se voyait grand, fort, imposant, resplendissant, comme son père. Au lieu de ça, le voilà avec sa vieille chemise à carreaux et son jean délavé, la barbe longue et les mains abîmées, le corps recouvert de cicatrices et la démarche lourde. Etait-il réellement Valentin Loukas ?

    « Viens on fout le camp. Tu n’as rien à faire ici, mon fils. »

    Il n’eut même pas la force de se baisser rattraper les affaires dispersées sur le sol froid de la prison. Ses bras pendaient lamentablement le long de son corps tandis que les larmes continuaient à couler, inlassablement, frénétiquement. Finalement il les croisa, baissant les yeux tandis que son père le poussait d’un bras, l’invitant à sortir. Il sentit qu’on déposait un pull sur ses épaules. Quelle saison ? Automne. Les feuilles tombaient des arbres et recouvraient Londres de jaune et d’orange. Un vent secouait le temps, glaçant les passants. Le glaçant lui, au passage.
    A peine le temps d’entrer dans la voiture qu’il s’évanouit.





Dernière édition par Floyd V. Loukas le Sam 13 Mar - 3:37:35, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: floyd. Mar 23 Fév - 12:17:31


    Un enfant crie, une femme pleure, de la poussière se densifie en un nuage aveuglant et toxique. Des lieux communs. Tous toussent, crachent la poudre, afin de lutter pour un dernier souffle. Des lieux communs. Les personnes hurlent, on entend des tirs, du sang gicle. Des lieux communs. On se pousse, on s’écrase, on se piétine. Des lieux communs. Des lieux communs, des images habituelles, une horreur quasi-permanente. Là, on ne s’arrête pas aux premiers pleurs d’un enfant. On ne s’arrête jamais. « A la guerre comme à la guerre ». Comment exprimer le poids de ce fusil entre les mains ? On tire ou on vous tire. On cherche à y comprendre quelque chose, à apercevoir les civils, les armés, les enfants, les vieillards, les innocents, ceux qui se sont retrouvés par hasard dans cette foule confuse, mais chaque seconde est chronométrée. Tic on pense, Tac on meurt. Alors on appuie sur la gâchette et on ferme les yeux.
    La nuit, lorsque l’on peut finalement fermer les yeux, on n’entend rien, un sifflotement aux oreilles assourdies par l’amas de coups de feu, de bombes, d’explosions. C’est peut-être ce sifflotement qui marquera un soldat à vie. Le silence aura beau être absolu, ce bruit régulier et strident lui rappellera toujours ce qu’il a été. On peut gommer les cicatrices, mais pas la réalité.

    L’armée avait été la seule possibilité pour Valentin de quitter la prison, quitter le pays. A dix-neuf ans on n’agit pas en conséquence. La rupture familiale est cet élément qui vous marque à jamais. Déprimé à souhait on n’assume aucun acte. Personne ne nous épaule. On est seuls, dans ce grenier de 13 mètres carrés, au sommet d’un immeuble des quartiers bobo de Londres, mais face aux rats et aux mites, aux cafards et à la poussière. On vit dans un grenier, exploité par les immobiliers, on déconne, on se fait coffrer, et c’est fini. Mais combattre l’enfermement par l’enfermement c’est vouer son existence à la noirceur. Alors lui, si pacifiste, élevé dans un mythe de révolte et communion sociale, s’étant éduqué aux fantômes de 68, lui, lui-même, s’est enfui vers le capitalisme, l’armée. ‘Enfui’, poussé, contraint, que sais-je. Mais il s’y est retrouvé, aveuglé, assourdi, inconscient, ou trop conscient. Tic, Tac. La bombe frappe.
    Rapatriement. Il avait 22 ans.


    « Valentin… Valentin… »
    « … »
    « V… »
    « C’est toi Faith ? »
    « Tu es revenu. »
    « Viens là. »

    Assoupi dans son lit de prince, Loukas fils n’avait pu percevoir les pas de sa cadette pénétrer sa chambre à tâtons. La pièce avait été fermée à clef depuis le départ de Floyd, les meubles couverts de plastiques, afin que la poussière ne les recouvre pas totalement. Les étagères supportaient toujours aussi difficilement le poids des kilos d’ouvrages les recouvrant et les dorures des livres avaient subi un sort les laissant toujours luisantes. Aux murs rien n’avait changé, les posters étaient tout aussi mal accrochés qu’avant, les objets exotiques pendaient au bout d’une vieille ficelle, reliée à un clou tordu et déjà rouillé. Il régnait dans cette chambre une odeur d’authenticité, de livres anciens aux pages usées, aux pages abîmées d’avoir été trop retournées et parcourues, de dessins abandonnés aux coins des meubles, d’écrits enfouis au fond de tiroirs, de photographies défilant sur les murs… Valentin avait toujours cultivé un délire artistique, et cela se ressentait dans sa taverne. Oui, sa taverne, parce qu’au fond, au fin fond on pourrait sentir cette odeur titillante de bièreaubeure, de cigarettes roulées, de cafés renversés… On pourrait entendre les rires et les exclamations d’adolescents s’épanouissant autour de deux guitares. On pourrait y voir la vie.
    En n’ayant pas ouvert les yeux, Valentin savait par avance que rien n’avait changé. Il le sentait. Comme il savait l’emplacement exact de la main de sa sœur, posée sur la commode à sa gauche. Il la lui saisit délicatement, à l’aveuglette, puis l’autre, pour la tirer ensuite contre lui et la faire basculer sur le lit largement grand pour les accueillir tous deux, comme lorsqu’ils étaient enfants. Les voilà. Ils se retrouvaient à nouveau, cinq ans plus tard, sur ce lit, serrés l’un contre l’autre, la tête de la cadette posée sur le torse de l’aîné. Comme avant. Cinq ans plus tard le voilà au même endroit, dans la même situation. Dire qu’il avait quitté la sécurité familiale à cause de la dispute déterminante au sujet de Faith. Il ne savait plus rien, plus rien de sa mère, plus rien des explications qu’on avait donné à sa sœur de sa soudaine disparition. Elle ne savait sans doute rien non plus des raisons réelles de son départ. Derrière quel banal prétexte ses parents avaient-ils pu dissimuler le tragique évènement qui avait déterminé son entrée dans le monde « adulte » ? D’un bref hochement de tête V. effaça les mauvaises pensées.
    Faith et Valentin avaient toujours été silencieux dans ce genre de situations. Seule suffisait cette présence, ce contact physique avec l’autre pour pouvoir s’évader. Chacun dans ses pensées, dans ses problèmes, ils restaient reliés. C’était le rituel de la bulle. Leur rituel. Ils ne se sépareraient plus. Il fallait trouver un moyen d’être près d’elle tout en étant actif et loin de ses parents. L’idée d’affronter le regard de sa mère ne réjouissait absolument pas Loukas, si bien qu’il en tressaillit un instant. Ce n’était pas la peur, mais surtout l’idée d’apercevoir dans ses pupilles exactement le même rejet, le même déni que cinq ans auparavant. Il ne l’imaginait que trop bien, son Martini à la main, et la cigarette au bout de ses doigts aux ongles vernis, peut-être avec une ride de plus, une teinture fraîchement faite… Et le reniement. Le reniement de la réalité, de la réalité de Faith. Une vipère. Une vieille bourge snob et immorale, sans cœur, superficielle. Quelle pute.

    « Je dois partir d’ici Faith. »
    « Viens à Poudlard. »

    Viens à Poudlard… Elle l’annonça, alors il partit pour Poudlard.
    Hanté, troublé. Il partit pour Poudlard. Une clope au bec, il partit pour Poudlard.
    Les vieux livres l’appelaient.
    Il partit pour Poudlard.

    _____

    nom ♠ loukas.
    prénom(s) ♠ valentin, "floyd".
    date de naissance & âge ♠ onze novembre. il a vingt-trois ans.
    métier ♠ biblio'.
    lieu de naissance ♠ ldon, uk.
    lieu de résidence ♠ ldon, uk.
    ascendance ♠ sang-mêlé.


    _____

    si',
    seize,
    &tc.
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MessageSujet: Re: floyd. Mer 17 Mar - 10:57:46

    j'ai fini. si les autres admins veulent lire pour vérifier.
    en attendant, autoval'. x
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MessageSujet: Re: floyd.

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